Interview de Ségolène, créatrice de robes de mariées vintage et éco responsables

Interview de Ségolène, créatrice de robes de mariées vintage et éco responsables

Bonjour,

Aujourd’hui, on retrouve Ségolène, une jeune femme Lilloise qui s’est lancée dans l’entrepreneuriat.

Cela me fait très plaisir de faire une interview avec Ségolène car je l’ai découvert il y a quelques années et j’ai pu la voir grandir et s’épanouir dans son travail. J’ai suivi son évolution dans la couture jusqu’à l’ouverture de son atelier. Un très beau parcours qui mérite d’être salué 🙂

Bonjour Ségolène ! Pourrais-tu nous décrire ton parcours ? Comment es-tu arrivée dans la couture ?

Bonjour Elynor. On pourrait dire que je suis tombée dedans étant petite, puisque je suis née dans une famille de brodeur / dentellier. C’est un peu le genre de destin qui vous tombe dessus et même si j’avais pu faire autre chose de ma vie, je pense que je ne me suis jamais vraiment posé la question. C’était une évidence finalement.

J’ai très vite eu cette envie de faire de la création, mais je n’avais encore aucune idée précise. Je me suis d’abord spécialisée en mode contemporaine pour finalement découvrir que je ne m’y retrouvais pas du tout. C’est un ami qui m’a dit qu’il serait plus logique (je dépérissais pour ainsi dire) d’aller vers un métier d’art orienté costume de scène. Ce que j’ai fait. Un diplôme plus tard (anciennement DMA) à Paris et je suis officiellement devenue costumière. Finalement quatre ans plus tard, j’ai décidé de franchir le pas et de réaliser mon rêve d’enfant en créant ma petite entreprise

Tu as réalisé des tenues pour des films historiques, qu’as-tu pensé de cette expérience en tant que costumière ? As-tu une période préférée ?

En sortant de l’école, j’avais une idée un peu butée du costume historique. A mes yeux, il fallait qu’il soit raccord en tout point à la couture près. J’ai très vite déchanté (rire). Ma vision de la couture n’existe plus depuis des décennies, alors je me suis adaptée. J’ai découvert de nouvelle façon de travailler le costume historique en donnant l’illusion d’une époque, même si les techniques sont plus modernes. C’était assez drôle d’un projet à l’autre, de passer au XXe puis à la science-fiction et plus tard à la première guerre. Finalement, je reste accro au XIXe qui reflète plus ma vision de la couture.

Pourquoi avoir choisi d’être créatrice de robe de mariées ?

La robe de mariée était pour moi le seul moyen de retrouver cette sensation de couture bien faite, un peu haute-couture, comme on la faisait il y a cent ans. Je suis une grande amoureuse des belles matières nobles et mon terreau familial m’avait très vite donné goût aux dentelles. C’était finalement une évidence d’embrasser le métier.

Comment définirais-tu ton style ? Y a-t-il des femmes qui t’ont inspirées dans tes créations ? Où puises-tu ton inspiration ?

J’aime à dire que je suis une femme qui flirte avec le passé et mon style s’en ressent totalement. Pour autant, j’essaie de trouver le juste milieu entre ancien et contemporain. C’est important pour moi de dépoussiérer l’image de la robe de mariée ancienne de nos grands-mères qui sont pourtant pleines de goût et de style.

La première femme qui m’inspire au quotidien est sûrement ma grand-mère paternelle que je n’ai pas connue. Je suis tombée un jour sur la photo de son mariage et ça a été le déclic. Il y a tellement d’élégance dans cette femme que je voulais retrouver ça sur chaque femme que j’habille. Je suis très sensible à l’âge d’or du cinéma hollywoodien (Hedy Lamar, Marylin et Grâce Kelly entre autres), mais réellement toutes femmes nées entre 1890 et 1930 sont un prétexte à l’inspiration.

Je travaille beaucoup avec de vieux magazines et photos que je collectionne. Parfois, c’est tout simplement un rêve fait durant la nuit qui va être le point de départ. C’est comme ça que j’ai créé une de mes premières robes cortèges d’ailleurs.

Peux-tu nous présenter ta nouvelle collection ?

Pour 2020, je souhaitais ne pas faire de « vraie » collection, mais plutôt ce que j’appelle « d’ambiance ». Quatre robes et ensembles pour faire voyager et découvrir mon style en m’appuyant sur les décennies chères à mon cœur en ce moment. Je fonctionne beaucoup par période de fascination et durant la création, c’était vraiment les années 30, 60 et 70. J’aime beaucoup les couples simples et les petits détails. Par exemple, je voulais absolument une touche de dorée dans chaque modèle ! Une sorte d’obsession. 

Comment se déroule la création d’une robe de mariée dans ton atelier ? Combien de temps cela prend-il depuis la recherche du modèle jusqu’à la livraison ?

Les futures mariées me contactent au maximum un an à l’avance. Certaines ont une idée très précise de ce qu’elles veulent et d’autres demandent à être guidée. Il y a toujours un premier rendez-vous où nous nous découvrons mutuellement. Le dialogue et la relation qui se créent alors sont très importants à mes yeux. Après tout, je vais participer à un moment important de leur vie !

Bien sûr, il y a le croquis qui se peaufine au fur et à mesure suivant les envies et les choix de matières. Mousseline, guipure, broderie ou encore satin duchesse, c’est la personnalisation au maximum. Puis, il y a les fameux essayages, d’abord en toile pour pouvoir retoucher au maximum, modifier les longueurs et confirmer les choix d’embellissements. Ce que les mariées attendent le plus, ce sont les essayages en tissus définitifs qui permettent vraiment de se rendre compte de ce que sera la robe. Elles se rendent vraiment compte qu’elles vont dire oui dans les mois qui viennent et c’est un moment plein d’émotion (même pour moi) entourées de leur maman et / ou amies proches. Quelques jours avant le Jour J, il y a la livraison toujours en main propre où parfois la future mariée, me demande d’être présente pour son habillage le jour du mariage. En tant que créatrice, c’est vraiment touchant car, c’est l’aboutissement de plusieurs mois de travail et d’une relation unique entre elle et moi.

J’ai cru comprendre que tu étais une entreprise écoresponsable comment arrives-tu à allier cela avec la mode?

La dimension écoresponsable était très importante pour moi. L’industrie textile est celle qui pollue le plus à l’heure actuelle et je voulais apporter ma petite pierre à l’édifice afin de contrebalancer. J’ai créé tout un processus de fabrication pour limiter les pertes. Par exemple, je chine beaucoup mes dentelles, boutons et petite mercerie. Les chutes de tissu (exclusivement naturelles) résultant des robes sont gardées précieusement et réutilisées pour la fabrication de boutons ou de finition particulière. C’est aussi l’occasion de donner une nouvelle vie à des matières anciennes qui ont un vécu. J’ai fait aussi le choix de ne travailler qu’avec des fournisseurs locaux existants parfois depuis des décennies, nous avons la chance d’être dans une région qui a un vrai savoir-faire ! Enfin, j’ai choisi de me déplacer exclusivement chez les futures mariées pour les rendez-vous, en transport en commun pour le moment.

A terme, j’aimerais réussir à dénicher des tissus conçus en France de façon pérenne et me trouver une petite voiture électrique.

Quels sont tes futurs projets et tes souhaits ?

J’aimerais beaucoup avoir un showroom atelier dans un an ou deux. Me créer un petit cocon vintage douillet pour recevoir les mariées qui viennent de loin. Je fais partie d’un réseau de prestataire mariage du Nord écoresponsable (atelier 289) fraichement installé et nous aimerions beaucoup créer un salon alternatif pour les mariées qui ne se retrouvent pas dans la vision actuelle du mariage.
Après, je pense me laisser porter par les opportunités qui se présenteront à moi. Il y’a encore quelques années, je n’aurais jamais cru en être là. C’est très motivant !

Et pour terminer, il me semble que nous sommes toutes deux originaires du plat pays 🙂 . Alors si tu devais nous livrer un secret, quel est ton petit coin de paradis à Lille ou dans les Hauts de France ?

Petite, j’allais dans une forêt dans le bassin minier en automne près de Loos-en-Gohelle. Malheureusement, je n’y vais plus si souvent, mais j’en garde un souvenir intarissable. Toutes ces feuilles et cette odeur particulière…

Informations complémentaires

Prise de rendez-vous uniquement à domicile

Prix : A partir de 1980€ pour une robe courte et 2500€ pour une robe longue
Essayages : Comptez trois à quatre selon le projet
Par téléphone :   06.95.17.51.05
Par E-mail :  contact@segolenegabet.fr

Crédits photos : Carolann Volmat, Pauline Franque et Nicolas Launay 

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